Données :

Durée : 1h 54 minutes

Année de parution : 2009

Nom en japonais : Summer wars

Type : Adapté d’un manga

Directeur : Mamoru Hosoda

Studio : MADHOUSE

Public cible : Tout public

Genres : Drame, science-fiction, action, comédie et romance

Langue d’écoute : Japonaise sous-titrée en anglais

Histoire :

Natsuki doit aller cet été voir sa famille. Elle demande à deux de ses amis de l’accompagner, par contre, un seul des garçons peut l’accompagner. C’est Kenji, ayant le béguin sur elle, qui l’accompagne. Natsuki l’amène à la maison familiale et lui demande de prétendre d’être son amoureux, qu’il a étudié aux États-Unis! Bref, tout le contraire de Kenji qui se retrouve dans une famille fière de son passé et ayant des liens familiaux serrées alors que c’est le 90e anniversaire de la matriarche de la famille. Kenji est un génie des mathématiques, un soir, alors qu’il a de la difficulté à dormir, il reçoit un code qu’il décode. Le lendemain, le système OZ, qui gère tout dans la vie, incluant les signaux d’urgence de santé des gens, aux lumières de circulation, tout, absolument tout passe par OZ, plante. Kenji est accusé par la presse d’être le responsable. La famille a la télévision à la maison…

Critique :

Cela faisait des années que je voulais regarder ce film. J’ai adoré Les Enfants loups, Ame & Yuki et c’est le même directeur qui a fait le film. J’ai aussi vu plusieurs clips du film dans des AMV (Anime Music Vidéo) sur Youtube. Enfin, aujourd’hui, j’ai pu écouter le film.

Le film traite de deux sujets soit : un système intelligent qui relie tout de la société nommé OZ et l’histoire d’une famille. C’est surtout l’histoire de la famille qui est au cœur de ce film, elle va même influencer ce qui se passe avec la catastrophe qui fait briser bien des systèmes dans OZ.

Ce qui m’a tout de suite frappée c’est le design des personnages dans la vraie vie qui fait rappel à des gens que l’on pourrait croiser ainsi que les designs des avatars et de l’IA (intelligence artificielle) dans OZ. L’IA avait l’air méchant tout en étant captivant, il était toujours intéressant de le regarder agir.

Le film présente deux lieux principaux, quelques scènes se passent ailleurs, la maison des Jinnouchi et le monde virtuel de OZ.  Ils sont visuellement distincts. La maison est une maison traditionnelle japonaise où les fonds ont l’air d’être peints à la main. Le monde de OZ est principalement blanc avec des personnages qui sont des objets énormes ou des animaux mignons, le tout en 3d qui est agréable et semble naturel dans ce monde blanc.

Une autre force de ce film c’est la famille Jinnouchi. Chaque membre de la famille a un trait de personnalité particulier, mais semble complet outre que ce trait. Par exemple, il y a une mère de famille qui encourage son fils tout le long du film à la télévision alors qu’il joue au baseball, mais, elle prend aussi le temps de nourrir son bébé au sein et taquiner sa nièce. Je me suis attachée à cette famille. J’ai aussi aimé comment leurs réactions étaient différentes selon les situations. Certains paniquaient, d’autres ne s’en souciaient peu, d’autres étaient empathiques, d’autres pleuraient, certains restaient bouche-bée, bref, cette famille semblait très humaine. Les genres étaient séparés en rôle, mais, on comprend que chaque personne a sa place dans la famille et que ce n’est pas parce que la personne est née avec un certain sexe qu’elle ne peut pas réaliser quelque chose que l’autre genre ne pourrait réaliser.

Il y a un léger sexisme face aux tâches, les femmes font la cuisine et les hommes les tâches physiques, par contre, je ne sentais pas que c’était ce qui les définissait.

Un autre aspect que j’ai bien aimé, c’est que l’on voit la famille dans leur quotidien : au bain, aux repas, dans la préparation des repas, aux moments de pause et dans les moments intenses. Je croyais réellement que cette famille s’aimait et était habituée à cette vie ensemble, même si c’était seulement pour se retrouver de temps en temps.

Tout le long du film, on sent que la famille a des tensions, des choses qui n’ont pas été réglées. Dès le début, on comprend que la famille a une grande réputation en plus d’être une vieille famille du Japon, mais, que des erreurs du passé avaient fait en sorte que la richesse de la famille avait été dilapidée. Un des membres de la famille semble avoir été rejeté et plusieurs réagissent mal lorsqu’il arrive pour l’anniversaire de la matriarche. Lentement, des éléments du film sont montrés et ils finissent par jouer un rôle important. Le film prend son temps pour donner une fin satisfaisante en se construisant intelligemment.

Les thématiques importantes du film sont la communication, l’action et le leadership. En effet, lorsque l’information est mise à jour, la matriarche, afin de combattre la panique, le chaos et sauver des vies, prend le téléphone et utilise son réseau de contacts afin d’organiser la situation. Plus tard, un personnage se lève afin de souligner l’importance de l’action pour supporter quelqu’un qui n’est pas écouté par le reste de la famille afin de régler un problème qui est plus gros que leurs intérêts personnels. Un autre personnage fait tout son possible afin de ramener un autre personnage à la maison, car sa participation est essentielle.

Toutes les fois où les personnages ont agi sans consulter les autres ou communiquer leurs intentions, des conséquences ont eu lieu. Les conséquences ont eu un impact sur le moral ou ont empiré la situation. Étant bibliothécaire et ayant une expérience en administration, je peux vous dire que la gestion de l’information n’est pas toujours idéale et que les conséquences ne sont pas immédiates et se verront sur le long terme. J’aime bien que la communication et l’information aient été des thématiques importantes de ce film.

De nos jours, des projets sont en développement où l’on pourra tous gérer, dont notre portefeuille en ligne, tout sera en ligne, libre de droit où tout sera mieux gérer en ligne. Je pense à Metaverse par exemple qui propose un univers virtuel, une deuxième vie virtuelle avec de la gestion par de la monnaie virtuelle. [1]

Le film souligne des dangers potentiels de ce monde uniquement en ligne. Si un système se retrouve coupé, que fait-on? Quels seront nos moyens dans la vie hors ligne? Que se passe-t-il si l’information vitale est volée comme les codes pour  des missiles? Que se passe-t-il si des informations essentielles à la survie de personnes (par exemple pour une alerte lors d’une crise cardiaque) ait des délais de transmission? Que se passe-t-il si quelqu’un s’empare de l’information et bloque l’accès aux usagers? Que personne ne peut rentrer dans l’administration et qu’une personne malveillante s’empare des accès?

Je trouve que le film traite de sujets très actuels, je pense aux critiques face à la crypto monnaie, au monde Meta ainsi qu’aux NFT, ma source 2 est un exemple d’une vision qui critique négativement une multitude d’aspects du Web 3.0 en examinant multiples aspects.  Les positions pour et contre sont très grandes et il faut garder un œil critique sur ce qui se passe en ligne et comment l’information est gérée. Je vous suggère de faire vos recherches afin de voir les deux côtés afin de former votre opinion.

Admettons que tout est géré en un seul endroit, avec des mots de passe sécurisés. Mais que se passe-t-il lorsqu’un pirate informatique s’empare des mots de passe pour un hôpital? Pour la paie? Pour les feux de circulation? Les conséquences pourraient s’avérer désastreuses et certains systèmes sont peut-être déjà connectés sans qu’on le sache qui sait.

Il y a certaines choses qui ont moins fonctionné pour moi dans le film. D’abord, il y a certaines blagues que je trouvais plutôt ennuyantes dont le Shouta Jinnouchi qui agissait comme le papa qui ne veut pas que sa fille se marie et qui ne cessait de crier son indignation. Ce n’était pas drôle et, contrairement à d’autres personnages qui ont des comportements « problématiques », dont un oncle qui demande si Kenji et Natsuki ont couché ensemble (lui il se fait remettre à sa place par les tantes), il a beaucoup de moments où cette blague revient.

À un moment donné, le monde entier sacrifie leur avatar pour le bien collectif mondial. Malheureusement, avec la violence et les mouvements qui ont nié la science pendant la pandémie, je ne crois pas qu’un tel événement pourrait arriver. Il y aurait des gens qui ne croiraient pas à l’information qui est devant eux ou iraient chercher l’information par des sources qui leur conviennent ou qui sont peu fiables. C’est ce que j’ai pu voir en écoutant les nouvelles à Radio-Canada de 2020 à 2022. Cela a un peu brisé la magie du moment avec la magnifique musique qui jouait à ce moment-là.

Finalement, il y a eu les militaires des États-Unis qui ont admis leur faute à la fin du film face à la catastrophe de OZ, mais, bien franchement, c’est une chose que je ne vois pas arriver dans la vraie vie. Déjà, juste au Canada, il y a encore des injustices sexuelles chez les militaires canadiens [statistiques de 2018] [3], je ne vois pas pourquoi des constitutions qui gardent des crimes internes secrets, dans une structure différente, mais similaire au Canada, prendraient la responsabilité face à un événement de la sorte. Certains événements peuvent ne pas être enquêtés ou simplement cachés [4].

Donc, étant donné ma perception actuelle du monde, il y a des éléments des films qui n’ont simplement pas fonctionné pour moi. N’empêche, j’aimerais que l’on vive dans un monde avec plus de communication, de transparence et d’entraide. J’aimerais vivre dans un monde où la sécurité en ligne est plus solide et où une gestion en ligne serait accessible pour tous, des plus riches aux plus pauvres. Malheureusement, nous ne vivons pas dans un film.

Summer wars est un film avec des éléments visuels très intéressants et qui sait bien saisir la dynamique d’une famille fonctionnelle qui s’aime. La musique est présente aux bons moments afin de faire surgir des émotions auprès du spectateur lorsqu’il est capable de se laisser bercer par la fiction. Je pense que ce film est encore d’actualité et qui se regarde comme un charme.

Sources :

  1. Meta. (28 octobre 2021). The Metaverse and How We’ll Build It Together — Connect 2021. Youtube. https://www.youtube.com/watch?v=Uvufun6xer8
  2. münecat. (19 mars 2022). Web3.0: A Libertarian Dystopia. Youtube. https://www.youtube.com/watch?v=u-sNSjS8cq0
  3. Adam Cotter. (22 mai 2019). Les inconduites sexuelles dans la Force régulière des Forces armées canadiennes, 2018. Statistique Canada. https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/85-603-x/85-603-x2019002-fra.htm
  4. Eric Schmitt et Dave Philipps. (13 novembre 2021). How the U.S. Hid an Airstrike That Killed Dozens of Civilians in Syria. New York Times. https://www.nytimes.com/2021/11/13/us/us-airstrikes-civilian-deaths.html

Données:

Anilist. (2022). Summer wars [données]. https://anilist.co/anime/5681/Summer-Wars/

Images :

MADHOUSE. (2009). Summer wars [Images]. Images prises sur IMDB https://www.imdb.com/title/tt1474276/?ref_=tt_mv_close